Un nouveau départ
dimanche 20 mai 2012
11.
Ayé c'est officiel, je me relance dans les recherches d'appartement. Parce que j'en ai marre de ne pas avoir mon chez moi, parce que je ne veux plus faire dépendre mes week end de ma coloc qui se barre une semaine comme ça et qui me laisse son chat sur les bras, parce que je veux mon petit chat à moi et pas le sien, parce que je veux ramener qui je veux chez moi et faire autant de bruit que je veux ... Bref, je suis enfin prête à vivre seule. Il m'aura fallu presque un an avant d'accepter que je puisse vivre seule, presque une année où j'ai pu m'amuser, en profiter, le regretter, lui dire, m'en vouloir, et continuer à le chérir au fond de moi, mais surtout accepter de le laisser partir. Et maintenant je me concentre sur moi et je veux mon appartement que je pourrais décorer comme je voudrais.
Alors bien sûr, chercher un appartement à Paris ça fait pas rêver. Loin de là. Depuis 6 ans que je suis là, j'oublie à chaque fois comment c'est juste la merde... Gagnez 3 fois le loyer en net, ouais donc soyez au moins cadre si vous voulez quelque chose de décent, fournissez limite jusqu'à votre groupe sanguin et un extrait de votre casier judiciaire, ayez un garant qui fournira les mêmes documents que vous ... Ouais et si jamais j'avais plus mes parents (putain je le souhaite pas mais quand même ...) je ferais comment ? Enfin pour le moment le plus angoissant pour moi c'est trouver un appart où je me sentirais chez moi, et surtout, surtout payer la caution ... Parce que oui, moi je suis en interdit bancaire, donc il faut que je trouve quelqu'un qui me fera assez confiance pour m'avancer la caution que je lui rembourserais ... Bref je m'angoisse un peu de passer à côté de quelque chose à cause de ça ... Parce que le locapass je l'ai dans le baba tant que je suis en interdit bancaire ... Comme dirait George, monde de merde ...
Enfin voilà mon nouveau challenge de ces temps ci, me trouver un appartement rapidement pour enfin partir d'ici et continuer ma nouvelle vie et ma reconstruction ... Croisez les doigts pour moi !
lundi 7 mai 2012
10.
Quand il s'agit du foot, je ne suis pas française. Je laisse mes origines parler et je suis purement espagnole. Mais parfois dans l'année, je me sens profondément française.
Hier soir j'ai vécu une chose que je ne pensais même plus vivre un jour. Quand mes parents m'avaient parlé de 1981, j'étais pas née encore. Quand ils m'avaient parlé de 1981, de la liesse des gens dans la rue, des roses rouges partout, de leur joie d'avoir participé à ça j'étais jalouse. Moi la première fois que j'ai voté pour des élections présidentielles, j'ai vécu le Front National qui passait au 2nd tour comme ça, sans sommation, sans prévenir. J'ai vécu l'obligation, la mort dans l'âme de voter pour un parti qui n'était pas le mien. Pour la suivante élection, j'ai voté plus par principe que par conviction pour la candidate de mon parti. Elle me faisait honte, elle me faisait avoir honte d'être une femme moi aussi, honte de relayer ce en quoi je croyais et d'en faire ce qu'elle a fait. Sûrement croyait-elle en ce qu'elle disait, mais à cause d'elle on a hérité de 5 ans de galères. 5 ans à ruminer. 5 ans à se dire que j'avais mal à la France.
Bien entendu, mon parti n'est pas blanc. Loin s'en faut. On se rappelle tous de cette personne pour qui on aurait pu voter. Cette personne rattrapée il y a un an dans un avion. Saura-t-on jamais le fin mot de l'histoire ? Je me rappelle de cette soirée là, de comment je l'avais appris. Au delà du scandale politique, cela reste l'un des meilleurs derniers souvenirs que j'ai avec Lui. A ce moment là nous étions 3 sans le savoir. Je ne veux pas y revenir. Je le revois juste arriver, titubant à l'entrée de notre chambre et me murmurer "Bébé, y'a DSK en prison, il a violé une femme." Et puis les semaines et les mois qui ont suivi. Où on remet tout en cause. Où on se demande si réellement on a fait les bons choix depuis toujours.
Et puis les choses ont changé. J'ai vécu cette campagne intensément. J'étais fière de voir qui allait nous représenter. J'ai été sceptique comme beaucoup, mais j'ai été derrière jusqu'au bout, et hier quand j'ai mis mon papier dans l'urne, j'étais contente. Et hier soir quand j'ai vu les résultats je n'ai pas pu m'empêcher de verser ma larme. De bonheur, de joie, de fierté.
Hier soir, je me suis réconciliée avec la France. Hier soir je n'avais plus mal à mon pays. Hier soir il m'a rempli de joie et de fierté. Je n'étais pas physiquement Place de la Bastille, mais mon y était et mon coeur était à la fête. Hier soir, c'était tout juste comme je l'avais imaginé, en mieux ... Maintenant, il a tout à faire. On l'a hissé là, j'espère qu'il ne nous décevra pas ...
dimanche 29 avril 2012
9.
Il y a ce moment où tu as décidé de te reprendre, de tirer les enseignements de tout ce que tu as vécu dernièrement. Où durant ta dernière cuite en début de semaine tu as envoyé des SMS au mec dans la pièce à côté, où il t'a bloquée sur facebook (et qu'après coup tu te rends compte qu'il était pas si génial et que tu t'en fous), où tu tires aussi un trait sur des gens pas si fabuleux en fin de compte ... Bref, tu te reprends quoi. Tu vas bien, tu renoues avec d'autres, et surtout, surtout, tu positives. Et puis le week end se finissant, tu te dis en rentrant le samedi soir que tu vas ptètre aller chercher ton courrier. Et là, le coup de massue te tombe sur le coin de la gueule, sans prévenir, sans sommation. Et tu n'as pas le choix, tu vas faire semblant d'aller bien, tu vas sourire, et bien correctement, pour que personne ne s'aperçoive de rien. Parce que ce qui arrive, c'est la parfaite illustration que la vie est ironique et une sacrée belle chienne.
Après mon avortement, j'avais envie d'oublier un peu tout ça, je devais faire mon deuil, le deuil de mon échec à procréer même si je ne voulais pas de cet enfant, le deuil de la ma relation avec mon ex (avec qui ça n'allait déjà plus mais qui a précipité la rupture et ce qui en a découlé), le deuil de l'unique enfant que j'aurais voulu dans ma vie. Et que j'aurais porté. J'avais subi des tests récemment chez le gynéco car j'avais fait une connerie (entendre rapport non protégé) et j'avais un peu peur de remettre ça. Une IVG une fois oui, deux fois non. J'aurais pas supporté. Et surtout, mon ex a été la seule personne que j'ai aimé assez pour vouloir un jour porter son enfant. Mais ça, il ne l'a jamais su. Toujours est il que j'ai fait des tests sur des maladies tout ça, et j'ai parlé avec le gynéco qui m'a proposé de voir où j'en étais, tout ça ... J'avais un peu oublié parce que pour moi tout allait bien, j'étais chanceuse. Je croyais pas si bien dire. En ouvrant la lettre j'ai su pourquoi j'avais rien à craindre. Grosses extra-utérine + IVG, ça m'a été fatal. Je ne pourrais pas avoir d'enfant. Mes trompes ont été trop abîmées, et voilà.
Je ne veux pas rentrer dans les détails. Quand j'ai vu ça, j'ai rigolé. Hystériquement. Moi la nana qui hurlait au monde entier que je détestais les enfants, que jamais je ne cesserais de sortir parce que je ne voulais pas qu'un mioche me fasse chier, que jamais je ne partagerais mon mec avec un bébé ... Mes prières ont été exaucées ... Et pourtant, c'est facile de dire ça, quand on a la certitude d'aller bien. Après tout, si mon ex avait pu réveiller ça chez moi un jour, pourquoi pas un autre, un jour ? Ben non. Le 22 mai je revois mon gynéco, on pourra en parler plus longuement, et j'en saurais moi-même un peu plus ... Mais pour le moment, il faut ressortir son armure de petit soldat et faire semblant que tout va bien. Plus le choix, on choisit son plus joli sourire, on met ses vêtements de lumière et c'est parti pour le grand show, où personne ne saura jamais rien. Je ne peux pas en parler aux gens. Je crois que je ne supporterais pas les "Ben ça t'arrange, t'aime pas les enfants et tu en voulais pas ..." Et puis je ne veux plus qu'on me dise que j'ai tendance à la victimisation. Ça je l'ai compris, alors en public je ne fais que déconner et je ne me mets plus en avant. J'apprends vite des remarques qu'on me fait, et celle là m'a particulièrement marquée. Surtout venant d'un ami proche.
Il y a ce moment où tu crois que tu es une faible. Et il y a ce moment, tous ces moments où tu dois te battre. Être une warrior, sourire, rire, chanter, danser. Il y a ce moment où même dans une salle remplie tu es seule. Et il y a ce moment où tu es seule, et où tu aimerais être dans une salle remplie. Où tu ne voudrais être qu'avec une seule personne. Ce moment là, où une chanson résonne dans ta tête...
dimanche 22 avril 2012
8.
Il y a ce moment absolument humiliant où tu vas prendre ton courage pour avouer à ton ex que tu penses encore lui et qui va se solder par un "Oui mais tu aimes avoir des problèmes, j'en suis désolé". Ça m'a littéralement scotchée. J'étais au boulot, je suis devenue livide. Mais au lieu de m’apitoyer sur mon sort encore une fois, je me suis dit qu'il devait avoir raison. Je n'ai pas appelé ma psy, alors que j'en avais envie, je voulais arriver à régler ça seule, avec moi même. Le soir même, je me suis posée dans mon lit et j'ai longuement réfléchi. Oui je pense encore lui c'est un fait. Il a marqué 4 ans de ma vie. Est ce que je l'aime encore ? J'aime encore la personne dont j'étais tombée amoureuse, celui qui m'a aimée et respectée. Et non pas humiliée ni menti. Alors non je ne l'aime plus. Sa présence me manque parce qu'on s'entendait bien, on riait, on avait le même humour, on discutait ... C'était bien. Mais c'est fini. Pour moi aussi. Et c'est ça le pire, c'est que je ne veux pas qu'on se remette ensemble. Après plus de 6 mois chacun de son côté, on aurait plus rien à partager. J'ai changé, lui aussi je pense. Bref, je ne sais pas ce qui m'a pris. Mais au moins, j'ai encore appris une chose, et dans la douleur encore !
Alors dans ces cas là, le truc tout bête c'est de sortir avec ses amies et finir en soirée cinéma à mater des courts tous plus bizarres les uns que les autres, mater des films d'horreur et faire les filles en hurlant quand le tueur arrive et glousser nerveusement, se lever un dimanche matin pour aller à la gym suédoise .. Et lire beaucoup aussi, lire la presse, lire des sites de filles qui nous font du bien. Deux articles m'ont beaucoup remonté le moral. Lui et lui. Je les ai trouvés très justes et très bien écrits. Et puis dans l'état d'esprit dans lequel je suis actuellement, c'était parfait.
Ce qui est parfait aussi, c'est quand on est dans un état d'esprit proche de l'Alabama, qu'on doute de tout et surtout de nous et qu'on va en soirée, qu'on croise son PQR et qu'au bout de même pas 15min il nous propose de venir passer chez lui. Mon PQR à moi, c'est le coloc d'un pote. On s'est rencontrés à une des soirées que je fais un jeudi sur deux et on avait bien accrochés. J'étais bourrée, j'ai fini chez lui, ce qui pour le coup m'avait bien arrangée ce soir là vu mon état et le fait qu'il habite à 15min à pied du bar ... Que de bonnes raisons, autre que l'alcool, pour y aller. Bref. Au moment crucial, il m'avoue qu'il a une meuf, mais qu'elle est dépressive, qu'ils baisent pas, bref qu'il a des besoins et qu'en gros je tombe bien. Je pèse le pour et le contre. Il me plait bien, mais honnêtement, je me vois pas en couple avec lui. Pourquoi pas après tout ? D'autant que je pensais que ça ne serait qu'un one shot. On s'est revus 2 fois depuis. A chaque fois il est venu me proposer de venir, on est allés une fois chez moi et une autre fois chez lui. Ce que j'aime bien avec lui c'est qu'on se prend pas la tête. On a pas le numéro de l'autre, on s'est rajoutés sur FB mais on parle pas, quand on se croise (environ une fois tous les mois, voire les 2 mois), on sait où on va finir, mais on passe une bonne soirée, et puis ça ne va pas plus loin. On s'entend bien au pieu et ça aussi ça compte. C'est pas mon meilleur coup, loin de là, mais il fait pas ça comme un bâtard et on s'endort dans les bras l'un de l'autre. En fait, mon PQR il arrive toujours à des moments clés, quand je suis pas bien, quand je suis pas sûre de moi, quand j'ai envie de croire que je peux encore plaire. Et ça marche, parce qu'il vient, me dragouille et je me sens mieux pendant les semaines qui suivent. Je suis la seule nana avec qui il trompe la sienne. Je sais, c'est mal et je pense que le jour où je ferais sa rencontre, je mettrais fin à tout ça (sauf si vraiment je l'aime pas)... Mais après ces dernières semaines à me poser je ne sais pas combien de questions, je me sens mieux. Parce qu'avec mon PQR c'est juste sain. On se voit, on baise, on se prend pas la tête. Pile ce dont j'ai besoin. Et puis il a eu cette petite phrase mignonnette "Mais depuis le temps qu'on se voit, j'comprends pas comment ça se fait que tu as pas de mec ..." Ça tombe bien, moi non plus !
Alors en ce moment, j'entre dans cet esprit où je vais à la gym, je me prends plus la tête, il arrivera bien un jour celui qui me fera tourner la tête et remettra des papillons dans mon ventre.. Je le sais, je ne l'attends ni ne le cherche. Il viendra.
lundi 16 avril 2012
7.
Le plus dur dans la vie c'est grandir. D'autant plus pour moi qui ne suis pas grande. En ce moment j'ai l'impression que le nouveau truc c'est devenir adulte. Ça court sur toutes les lèvres, ça semble travailler les gens. On a beau me rappeler à l'ordre régulièrement parce que j'ai encore des attitudes et des réactions adolescentes, depuis longtemps j'ai accepté de ne plus être la petite fille de ma maman. Je n'ai pas envie de rentrer dans le débat "qu'est ce qu'être adulte ?" ou autre... Le jour où j'ai quitté les jupons maternels pour me lancer, j'ai su que ça n'allait pas être de tout repos. Encore aujourd'hui, ce soir, maintenant tout n'est pas rose ... Et pourtant j'en ai marre de faire ma Cosette, d'être triste à tout va, de ne plus savoir juste apprécier un moment avec mes amies sans me ronger les sangs pour tout et n'importe quoi, et surtout pour un mec ...
J'ai guéri des pires histoires de ma vie, et maintenant que je peux marcher la tête haute, je m'effondre au moindre coup de vent. Et là, là voix d'un ange m'est parvenue. Cet ange, c'est une personne que j'ai faillit perdre par pure bêtise, immaturité, ce que vous voudrez, et qui pourtant est encore là. Et qui tape toujours où ça fait mal. Pas par méchanceté, juste pour ouvrir les yeux des gens. Avec sa petite voix, ses petits yeux et son petit sourire. A une époque elle aurait une personne que j'aurais détestée. Trop gentille, trop mignonne, trop je sais pas quoi ... Insupportable. Et pourtant maintenant l'écouter me parler me soulage, me fait du bien, m'encourage ... Quand elle me dit qu'il faudrait que je perde du poids, je sais qu'elle ne le dit pas pour me faire du mal, mais parce qu'elle sait que ce sujet est sensible et qu'il faut que je l'entende pour m'y mettre ... Résultat, le mois prochain gym suédoise pour mon cul et moi ! Et quand on l'entend nous dire qu'en fin de compte, les 6 derniers mois ont été durs mais pas que, ben on réalise qu'elle n'a pas tort ...
Regardons froidement les faits. Sans émotion aucune. J'ai craqué sur quelques mecs. Je les ai vus, je les ai voulus, je les ai pris. Rien de plus ... Ce que je voulais, ce qu'ils voulaient on laisse ça de côté. Moi je m'attache trop vite et eux l'étaient déjà et ne cherchaient rien de plus. Mais aucun ne m'a mis un vent. Je ne suis pas en train de me vanter, ou de faire genre je peux avoir qui je veux. Déjà parce que c'est parfaitement faux pour commencer, et aussi parce que ce n'est pas le sujet. Apprendre à relativiser les choses, voir le côté positif, ça aide énormément. Et c'est aussi là qu'on voit cette importance que peuvent prendre nos proches. J'ai été con, j'me suis laissée aller, et j'ai malgré tout eu des gens derrière moi qui m'ont soutenue, qui m'ont portée à bout de bras et m'ont élevée. Quelque soient les évènements qui ont suivi, il y a eu des gens à un moment qui étaient là quand je n'étais pas bien. C'est le principal, l'essentiel.
Alors bien sûr ce soir y'a un peu de vague à l'âme on va pas se mentir. J'me suis encore losée sur un con. Encore. Un con. Maqué. Putain sans déconner quoi ... Tous les mecs que je me tape depuis ma rupture sont pris ... Alors ouais ok ma psy a une super théorie que je ne vais pas contredire. Mais quand même quoi ... Il existe encore des mecs qui vont pas tremper leur biscuit un peu partout quand ça leur chante !? Je suis une profonde aigrie de la vie et je ne crois pas en grand chose. Mais si un jour j'ai voulu changer d'avis là dessus, on m'a clairement montré qu'il ne fallait surtout pas ! Garder en tête que rien n'est facile, que rien ne s'acquière autrement que par le combat et la souffrance. Et surtout, surtout, il est grand temps que je me respecte. Si je ne le fais pas moi, qui le fera ? Certainement pas cette armée de connards qui ne respectent rien, et surtout pas leur meuf ...
Pourquoi est ce que je me précipite si vite pour conclure ? Pour me rassurer et être certaine que je peux plaire .. Ben oui, parce que je peux expliquer mes comportements, mes agissements les plus stupides et parfois primaires ... J'ai la tête assez froide et cette capacité à m'interroger sur moi et à me remettre en question pour pouvoir répondre à celles ci justement ... A partir du moment où on m'a larguée d'une manière sale et qu'on a ajouté que, je cite "aucun connard au monde ne pourra [m]'aimer à part [lui]", il n'est pas difficile de savoir pourquoi je n'ai pas confiance en moi, ni en les autres et pourquoi, surement consciemment, mais plus le souvent inconsciemment, je me mets en situation d'échec pour éviter de reproduire ce schéma. Et voilà comment on peut économiser une séance chez sa psy, en réfléchissant calmement dans son bain avec de la musique douce ...
Mais maintenant que j'ai toutes les cartes en main, que j'ai tiré tellement de traits sur ces nouvelles pages de ma vie pleines de ratures, je sais que la nouvelle que je tourne, celle qui est lisse et belle sous ma main, qui n'attend qu'une chose, que je la remplisse, elle va être bien. Je me relève encore une fois. Encore une fois j'ai plié, je me suis tordue, mais je ne me suis jamais rompue ... Je ne veux pas avoir fait tout ça pour rien, je ne veux pas penser encore une fois que je suis faible. Je ne le suis pas. Je ne suis qu'une procastrinatrice de la force, mais elle est toujours là, en moi.
lundi 26 mars 2012
6.
J'ai cru que le week end allait m'aider à panser mes blessures. J'ai cru qu'encore une fois ce ne serait qu'une passade, un rien dans ma vie et que mon coeur en avait connu de tellement plus dures que cette épreuve là serait vraiment facile à gérer. Je suis encore dans ce fou total qui me ronge, qui m’empêche d'apprécier le soleil qui brille sur Paris autant que je le voudrais ... J'ai passé l'hiver à me languir de cette douce chaleur qui me manquait tant et la voilà. Et pourtant je ne suis pas entièrement satisfaite. Moi qui ai toujours eu peur de l'hiver, je viens de passer celui ci brillamment, entourée, choyée mais je commence à trembler à l'idée de voir l'été arriver ... Peut-être qu'un jour je cesserais d'être une énigme ambulante pour moi...
Je ne sais pas à quel moment j'ai basculé dans la déprime sévère, mais s'effondrer dans son bar préféré avec ses amis et se mettre à pleurer sans trop savoir pourquoi ça m'a déstabilisée. Moi qui me targue d'être forte, que plus rien ne me touche ni ne m'atteint, voilà que tout à coup je reperds pied. Alors oui bien sur je suis contente de pouvoir être humaine à nouveau et pouvoir m'attacher à une personne. Et quand je dis que je me sens humaine, je ne plaisante ni n'exagère. Durant les 6 derniers mois, j'ai été un robot, je n'éprouvais rien, comme si mon coeur était totalement broyé et qu'il serait impossible d'en faire quoique ce soit. Et voilà qu'Il est arrivé. Je ne veux pas revenir sur le sujet ou sur lui, parce que j'ai tout dit. Mais être sans nouvelles ça fait mal. Surtout quand on sait que la dernière conversation qu'on a eue j'étais bourrée et n'en ai aucun souvenir ... Les lendemains de cuite sont violents quand on nous laisse nos téléphones. Surtout le mien ! Cette histoire ressemble à des millions d'autres histoires. Sauf que celle là c'est la mienne, c'est la première que je vis depuis des mois. Je sais que je devrais couper les ponts. Alors j'ai effacé son numéro de portable. Un jour peut être, la semaine prochaine ou celle d'après, je l'enlèverais de Facebook.
J'ai envie de me lever et de hurler au monde que la vie c'est nul, alors que je sais que c'est faux. J'aimerais arrêter de faire ma crise d'ado maintenant et enfin profiter de mes 28 ans. Je sais qu'au fond de moi je pourrais vaincre tout ça un jour, mais pour le moment je n'y arrive pas, je souffre atrocement, je me mets à pleurer dans des lieux et occasions tout à fait incongrus et je suis là sans vraiment trop savoir ce que je vais faire, ce que je dois penser ... J'ai vécu de belles histoires dans ma vie, et surement d'autres sont à venir, mais là pour le moment présent, une seule me donne envie, une seule personne hante ma tête et mes pensées. Je sais très bien que s'il quittait sa nana et allait avec moi on partirait sur des bases de merde, et pourtant ... Comme je le dis, il a été le mec de trop. Il a été celui qui a été le plus honnête avec moi, j'ai une meuf, no feelings involved et pourtant il est celui qui me fait le plus mal et qui me manque physiquement le plus ...
Le pire, ou le plus beau dans tout ça, c'est qu'en dehors de ma non vie amoureuse, je m'épanouis totalement .. J'ai des vrais amis adorables et là pour moi, j'ai un boulot que j'aime vraiment bien, le printemps revient et les oiseaux chantent et je vais pas tarder à me mettre en recherche d'un appart avec une amie et une copine à elle pour monter une coloc à 3 ... Si j'étais un peu honnête et moins de mauvaise foi je serais en train de chanter la vie. Et si j'étais plus superficielle et moins obsédée par le fait que j'aimerais tomber amoureuse, je serais en train de vomir le carambar que je viens de manger pour être bonne pour ce printemps et m'acheter toutes ces si jolies fringues qui m'ont fait craquer. A la place, je préfère me morfondre ... Je sais pas pourquoi je fais ça. Vraiment pas. J'ai appelé ma psy, elle m'a dit que j'avais peur d'aller mieux et qu'une part narcissique en moi avait peur qu'on ne s'occupe plus de moi si jamais j'allais mieux. Pas dénué de sens. Après tout, je la paie pour qu'elle me dise des trucs comme ça ... Et qui me font réfléchir.
Elle m'a aussi encouragée à écrire sur mon blog ou n'importe quel autre support. Même écrire de la merde, écrire des brouillons, écrire juste. Pour moi, pour les gens, pour me faire du bien et me soulager, qu'au moins ça puisse sortir de moi et que je sois libérée de cette douleur. J'aimerais que ça marche et qu'en effet j'aille mieux, et que je me sente moins mal ...
Et si je pouvais l'oublier aussi ...
jeudi 22 mars 2012
5.
Je fais partie de cette catégorie de gens qu'on appelle les amoureux. Je suis amoureuse de ma chambre, de mes amis, de mon taff, d'un mec. Dans tout cela, une chose aurait été bien, que le mec n'y soit pas ... Dans ma longue quête de la lose sociale, j'ai décidé d'arrêter les conneries, de plaquer les différents mecs avec qui je fricotais pour me concentrer sur moi, mon bonheur. J'ai cru qu'il passerait par un mec que j'ai rencontré il y a quelques temps et sur lequel j'avais eu un crush. Etant timide dans ces cas là, oui oui, j'ai mis du temps avant de me déclarer. Normal me direz-vous. Est ce que vous connaissez ce parfait sentiment quand on se dit "Tiens, j'aurais mieux fait de me casser le bras à ce moment là ..." ? Je le vis depuis ... Se revoir s'est fait sur plusieurs étapes, mais bon, j'ai fini dans son lit. Dans son super grand appart dans le 6èm. Oui, tant qu'à faire, autant ne pas aller chercher un connard du 93. Assez donné.
Bref. Je savais ce que je faisais en y allant. Celui là, je savais qu'il avait une meuf, je savais que c'est une relation libre, je savais qu'on avait clairement dit "sans sentiments". J'avais besoin, encore une fois, de me dire que je pouvais plaire. Je savais pas qu'on allait passer 2h à parler de tout et rien, de nous, de la vie, et que mon coeur allait faire des ratés plusieurs fois. Je savais pas que j'allais aimer le goût de ses baisers au point d'en rêver encore une semaine plus tard. Je ne savais pas que quand il me poserait en voiture au métro j'allais m’engouffrer dans la bouche du métro les larmes coulant sur mes joues ... Et je ne savais pas que je ne penserais qu'à lui les jours suivant ... Depuis Lui, personne ne m'avait touchée comme ça (au coeur j'entends) et personne ne m'avait court circuitée au point de me dire que j'ai enfin envie de me poser, de rencontrer quelqu'un et construire quelque chose. Enfin, pas quelqu'un, lui. Sauf qu'il y a sa copine, il y a sa vie compliquée ... Quand il m'a posée au métro, il m'a fait la bise, pareil ce soir quand il est venu me livrer mes bières (oui, il est gérant d'une marque de bières) on s'est fait la bise et quand il est parti, on s'est embrassés. C'était doux et bon ...
Je sais pas si je vais le revoir. Ni si je dois le revoir. Je vis dans un flou horrible dans lequel je remets tout en question. Est ce que je prends vraiment les bonnes décisions, et est ce que malgré ma thérapie et mes nombreuses heures chez la psy j'ai réellement fini de vouloir m'auto-détruire ? De toute évidence pas encore ... Et pourtant, j'ai cette vraie volonté d'aller de l'avant, de ne plus avoir ces coups de déprime si ravageurs ... Le printemps est revenu, bientôt j'aurais mes derniers tatouages et je crois que je pourrais dire que la vie sera belle. Elle l'est, je le sais. Il faut juste que j'apprenne à vivre avec moi maintenant que j'ai appris à vivre avec les autres ... Il faut que j'apprenne à accepter l'échec sans pour autant tout remettre en question.
J'ai vu ce film. Bellflower. Je sais que si j'allais bien j'aurais pas autant aimé. Mais là, il m'a touchée au delà du possible. Ca me fait toujours peur ce pouvoir que peuvent avoir les films sur moi. Je ne les compte plus ces films "remonteurs de moral" comme Amélie Poulain qui arrivent à me guérir là où l'humain a échoué. Mais ce film, ce personnage m'a tellement, tellement retourné la tête. La musique, l'image, l'histoire ... Comment quelqu'un peut jouer avec une autre personne sans tenir compte de ses sentiments ....? L'histoire de notre vie à tous j'imagine. La mienne en tous cas. Et pourtant, je n'ai pas la force de me battre contre des moulins à vent.
Ce soir, pour la première fois depuis des mois, j'ai pensé à Lui. A ce qu'il m'a aussi apporté, et à ses bras autour de moi. Je n'ai jamais retrouvé ce sentiment de sécurité. Pour la première fois depuis 6 mois j'ai mal, j'ai le mal de nous. Mais demain, au grand jour, il faudra ressortir la panoplie du parfait petit soldat bouffon que rien n'atteint. Demain, finis les états d'âme, demain je redeviens celle que je suis depuis des mois, celle que rien n'atteint et qui voit sa psy quand ça ne va pas. Celle qui arrive à combattre la maladie, et qui trouvera surement un autre à aimer ... Il faut que je m'en persuade, sinon je sombrerais. Et je n'ai pas fait tout ça pour recommencer à zéro ... Mais là ce soir, j'ai mal ...
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