jeudi 22 mars 2012

5.


Je fais partie de cette catégorie de gens qu'on appelle les amoureux. Je suis amoureuse de ma chambre, de mes amis, de mon taff, d'un mec. Dans tout cela, une chose aurait été bien, que le mec n'y soit pas ... Dans ma longue quête de la lose sociale, j'ai décidé d'arrêter les conneries, de plaquer les différents mecs avec qui je fricotais pour me concentrer sur moi, mon bonheur. J'ai cru qu'il passerait par un mec que j'ai rencontré il y a quelques temps et sur lequel j'avais eu un crush. Etant timide dans ces cas là, oui oui, j'ai mis du temps avant de me déclarer. Normal me direz-vous. Est ce que vous connaissez ce parfait sentiment quand on se dit "Tiens, j'aurais mieux fait de me casser le bras à ce moment là ..." ? Je le vis depuis ... Se revoir s'est fait sur plusieurs étapes, mais bon, j'ai fini dans son lit. Dans son super grand appart dans le 6èm. Oui, tant qu'à faire, autant ne pas aller chercher un connard du 93. Assez donné.

Bref. Je savais ce que je faisais en y allant. Celui là, je savais qu'il avait une meuf, je savais que c'est une relation libre, je savais qu'on avait clairement dit "sans sentiments". J'avais besoin, encore une fois, de me dire que je pouvais plaire. Je savais pas qu'on allait passer 2h à parler de tout et rien, de nous, de la vie, et que mon coeur allait faire des ratés plusieurs fois. Je savais pas que j'allais aimer le goût de ses baisers au point d'en rêver encore une semaine plus tard. Je ne savais pas que quand il me poserait en voiture au métro j'allais m’engouffrer dans la bouche du métro les larmes coulant sur mes joues ... Et je ne savais pas que je ne penserais qu'à lui les jours suivant ... Depuis Lui, personne ne m'avait touchée comme ça (au coeur j'entends) et personne ne m'avait court circuitée au point de me dire que j'ai enfin envie de me poser, de rencontrer quelqu'un et construire quelque chose. Enfin, pas quelqu'un, lui. Sauf qu'il y a sa copine, il y a sa vie compliquée ...  Quand il m'a posée au métro, il m'a fait la bise, pareil ce soir quand il est venu me livrer mes bières (oui, il est gérant d'une marque de bières) on s'est fait la bise et quand il est parti, on s'est embrassés. C'était doux et bon ...

Je sais pas si je vais le revoir. Ni si je dois le revoir. Je vis dans un flou horrible dans lequel je remets tout en question. Est ce que je prends vraiment les bonnes décisions, et est ce que malgré ma thérapie et mes nombreuses heures chez la psy j'ai réellement fini de vouloir m'auto-détruire ? De toute évidence pas encore ... Et pourtant, j'ai cette vraie volonté d'aller de l'avant, de ne plus avoir ces coups de déprime si ravageurs ... Le printemps est revenu, bientôt j'aurais mes derniers tatouages et je crois que je pourrais dire que la vie sera belle. Elle l'est, je le sais. Il faut juste que j'apprenne à vivre avec moi maintenant que j'ai appris à vivre avec les autres ... Il faut que j'apprenne à accepter l'échec sans pour autant tout remettre en question.

J'ai vu ce film. Bellflower. Je sais que si j'allais bien j'aurais pas autant aimé. Mais là, il m'a touchée au delà du possible. Ca me fait toujours peur ce pouvoir que peuvent avoir les films sur moi. Je ne les compte plus ces films "remonteurs de moral" comme Amélie Poulain qui arrivent à me guérir là où l'humain a échoué. Mais ce film, ce personnage m'a tellement, tellement retourné la tête. La musique, l'image, l'histoire ... Comment quelqu'un peut jouer avec une autre personne sans tenir compte de ses sentiments ....? L'histoire de notre vie à tous j'imagine. La mienne en tous cas. Et pourtant, je n'ai pas la force de me battre contre des moulins à vent.

Ce soir, pour la première fois depuis des mois, j'ai pensé à Lui. A ce qu'il m'a aussi apporté, et à ses bras autour de moi. Je n'ai jamais retrouvé ce sentiment de sécurité. Pour la première fois depuis 6 mois j'ai mal, j'ai le mal de nous. Mais demain, au grand jour, il faudra ressortir la panoplie du parfait petit soldat bouffon que rien n'atteint. Demain, finis les états d'âme, demain je redeviens celle que je suis depuis des mois, celle que rien n'atteint et qui voit sa psy quand ça ne va pas. Celle qui arrive à combattre la maladie, et qui trouvera surement un autre à aimer ... Il faut que je m'en persuade, sinon je sombrerais. Et je n'ai pas fait tout ça pour recommencer à zéro ... Mais là ce soir, j'ai mal ...

2 commentaires:

  1. Je n'ai que trop connu cette situation, et le seul conseil que je peux te donner est : coupe les ponts, ne le vois plus. Ca va te faire souffrir, mais tu souffriras encore plus si tu continues à le voir, avec frustration, déprime, haine envers sa copine et compagnie. Qui sait, si tu fais la morte il va peut-être se rendre compte qu'il t'a perdue et larguer sa copine (ce n'est qu'une hypothèse qui arrive dans un cas sur mille mais on ne sait jamais, il a peut-être de vrais sentiments pour toi). Mais crois-moi, ne t'inflige pas ça...

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  2. Quelle que soit l'issue, c'est jolie de se dire que tu peux ressentir encore des choses comme ça. Peut être qu'il serait sans doute mieux de ne pas aller trop loin pour ne pas avoir trop mal, mais parfois, le coeur prend le pas sur la raison et on fonce tout de même pour se faire plaisir sur l'instant, avoir le coeur brisé un peu plus tard et s'en remettre pour continuer de vivre.

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